Ce lundi 15 décembre 2025 une délégation de la CFTC-SLJ s’est rendue au sein du SPIP milieu ouvert de Béthune. Une fois de plus certains constats nous inquiètent.
La préoccupation première des agents concerne l’effectif. En effet, les ressources humaines manquent encore. Malgré les 3 postes ouverts lors de la CAP de 2020, obtenus grâce au combat mené par la CFTC-SLJ l’année précédente, et quelques renforts ponctuels accordés ensuite (contractuels, CPIP placés, mise à disposition), le SPIP de Béthune compte aujourd’hui 34,5 ETP sur les 38 prévus dans l’effectif cible. Notons ici un point important : nous préférons compter en équivalent temps plein (ETP), ce qui est plus fidèle à la réalité, alors que l’administration compte elle en nombre de personnes présentes sur l’organigramme, c’est-à-dire 37 agents, sachant que sur ces 37 agents, 7 sont à temps partiel. Notons aussi qu’actuellement 4 d’entre eux sont en arrêt.
Il y a donc constamment un écart entre la vision de l’administration, et la réalité vécue par les agents. La CFTC-SLJ ne cesse de rappeler que le vécu des agents au quotidien doit être entendu et considéré.
De ce fait, l’objectif de 60 mesures par agent (visé par la DAP) est loin d’être atteint ! Aujourd’hui, en milieu ouvert au SPIP de Béthune, la tendance se situe entre 105 et 120 mesures pour un agent à temps plein. Cela a donc un impact sur le bien-être au travail, d’autant plus lorsqu’il y a un manque de reconnaissance de la part de l’administration.
Le manque de ressources humaines concerne aussi l’encadrement avec 2 DPIP actuellement au lieu de 4 nécessaires. L’épuisement professionnel guette aussi les DPIP.
Concernant les personnels administratifs, la surcharge de travail est aussi élevée, avec une difficulté à satisfaire des demandes croissantes, et chronophages.
La reconnaissance parlons en. La CFTC-SLJ a porté une demande, somme toute légitime, à savoir la fermeture des services les 24 et 31 décembre à 16h00 au lieu de 17h00. En effet, nous considérons que ces jours-là, les agents peuvent être récompensés de leurs de leur investissement sans faille, tout au long de l’année, de leur engagement sans faille, en dépit de conditions de travail qui sont les leurs. Au lieu de ça, la direction départementale refuse mettant en avant le sens du service public, alors que dans d’autres services publics, les fermetures de services se font pour ces jours là plutôt que ce qui est prévu habituellement. Cette fermeture prématurée des services le jour des réveillons, qui a pourtant déjà été observée par le passé, aurait pu constituer un signal positif envoyé aux agents. Ce refus est consternant et révèle le niveau de considération qui est accordé aux agents.
Sur les conditions de travail, outre les ressources humaines évoquées plus haut, il est nécessaire d’évoquer les locaux. Le chauffage connaît de nombreuses pannes, ce qui provoque de l’inconfort régulier. La porte de la salle de réunion, qui sert aussi pour les actions collectives à destination des PPSMJ, n’est toujours pas réparée (alors que cela était une recommandation prioritaire de l’inspection d’avril 2025…rien n’a été fait à ce jour), nonobstant le fait que le digicode ne se situe pas du bon côté. Faire preuve de reconnaissance envers les agents, c’est non ! Veiller à leur confort et à leur sécurité, c’est non aussi ! Nous ne pouvons que reconnaître la constance dans la négation.
Sur la question des open-space, les agents soulignent que cela peut avoir des avantages, concernant la cohésion d’équipe. Mais cela est aussi une gêne, notamment pour les périodes de rédaction, ou d’échanges téléphoniques.
Pour rappel, la CFTC-SLJ revendique :
- La mise à disposition d’espaces de travail individuels, permettant aux agents de s’isoler ponctuellement. Mais l’espace se réduit, et un déménagement, un temps évoqué, reste une option à envisager.
- un renfort en ressources humaines (3,5 ETP pour atteindre l’effectif cible de l’administration),
- des conditions matérielles acceptables, et davantage de considération, pour des agents investis, qui démontrent chaque jour leur engagement et leur sens du service public.
Enfin la CFTC-SLJ s’interroge sur la crispation générée par la visite d’un parlementaire le lundi 15 décembre 2025. Jusqu’à présent, les visites de parlementaires initiées par la CFTC-SLJ, afin de sensibiliser les élus sur les conditions de travail des agents se déroulaient dans un climat serein, avec un dialogue possible avec notre organisation. Nous nous interrogerons donc sur la position de l’administration, qui a fait que cette visite a davantage relevé du monologue institutionnel que du dialogue social. Nous espérons que les prochaines visites se dérouleront dans un climat plus propice aux échanges.
La CFTC-SLJ reste engagée pour que les conditions de travail des agents soient améliorées, et qu’ils soient davantage considérés et reconnus. Notamment dans cette période durant laquelle l’inquiétude du devenir de nos missions, suite aux états généraux de l’insertion et la probation, et la crainte d’une redéfinition des missions sur un aspect plus axé sur le contrôle que sur la réinsertion, est forte.
