
Comment admettre qu'un détenu, classé parmi les profils les plus dangereux de France et ciblé pour son implication majeure au cœur du narcotrafic international, placé sous écrou ultra-sécuritaire en Quartier de Lutte contre la Criminalité Organisée (QLCO) au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, puisse se voir octroyer... une permission de sortie par le Juge d'Application des Peines (JAP) ? C'est un véritable non-sens opérationnel et sécuritaire : Le choix de l'ultra-sécurité (Le QLCO de Condé-sur-Sarthe) : L'administration pénitentiaire, par ses services spécialisés, a exigé et mis en place un isolement étanche et un suivi sécuritaire draconien au sein du QLCO pour neutraliser la nuisance criminelle de ces caïds de la drogue, couper leurs réseaux, protéger les personnels et empêcher toute tentative d'évasion. Le pari suicidaire de la permission de sortie : D'un autre côté, d'un trait de plume, un Juge d'Application des Peines accorde une mesure de faveur d'élargissement, réduisant à néant des mois de travail d'intelligence pénitentiaire et de sécurisation menés par les fonctionnaires. Cette contradiction met en lumière un gouffre béant et dangereux entre deux mondes judiciaires qui cohabitent sous la même tutelle du Ministère de la Justice : d'un côté, une administration pénitentiaire en première ligne face à la guerre des cartels ; de l'autre, une magistrature assise/exécutante de l'application des peines enfermée dans une logique dogmatique de réinsertion déconnectée de la dangerosité réelle des profils "Crim' Org". La position de la CFTC-SLJ : Pour une gestion à 100 % par l'Administration Pénitentiaire La gestion de l'ensemble des personnes condamnées placées sous la responsabilité de la Direction Générale de l'Administration Pénitentiaire (DGAP) doit être et sanctuarisée à 100 % par l'administration pénitentiaire elle-même tout au long de leur parcours d'exécution de peine. Il n'est plus tolérable que des décisions d'aménagement ou de sortie sèche accordées par des autorités extérieures viennent balayer d'un revers de main les impératifs de sûreté publique et l'expertise des professionnels de l'ancre sécuritaire. Trop c'est trop ! La CFTC-SLJ exige une harmonisation immédiate des politiques pénales au sein du Ministère de la Justice, subordonnant impérativement toute velléité d'allègement de peine à l'évaluation sécuritaire incontestable de l'Administration Pénitentiaire. Après la création de la Direction Générale de l'Administration Pénitentiaire, il est temps maintenant de lui donner les moyens et les responsabilités décisionnaires dignes d'une telle direction rattachée au service de l'Etat et de sa Justice !
